Après 5 mois, la reprise chez Nespresso. Vers un paternity blues?

 

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La plupart des mères en France l’ont vécu, pour moi, c’est une première : le retour ! Vers le futur ou vers le passé ? Je ne sais pas encore, mais me voici donc dans les locaux de Nespresso, reposé et épuisé de cinq mois de congé paternité.

Tout a pourtant bien commencé.

Mon passage dans les médias norvégiens m’a valu un surnom: « la star ». Il n’a duré que trois jours, mais qu’importe il restera à jamais gravé. Ces petites haies d’honneur la première semaine ont aidé à la reprise. « Sympa le reportage à la télé », « Cool ton passage à la radio », « Je ne parle pas français mais bravo pour ton blog. » J’ai même pris positivement la remarque de la réceptionniste, haussant les sourcils, comme étonnée de me voir :  « je n’aurais jamais cru que tu reviendrais ».

Les collègues de mon équipe marketing ont décoré mon bureau, avec la pointe d’humour what else qu’il faut. Merci pour cet accueil ! Je parle à Georges tous les matins : entre star, on se comprend non ?

La PDG de Nespresso Norvège, qui m’a accordé le congé, a même saisi l’opportunité d’une réunion de tous les employés Nespresso pour me féliciter: « Je pense qu’on peut tous applaudir Tristan pour sa détermination et son combat pour le congé paternité en France». Ces expériences témoignent de la bienveillance qui m’entoure et peut être du fossé culturel qu’il existe avec la France. Bien sûr, la PDG enchainait sur : « Quand on est déterminé et qu’on a des idées, on peut faire la différence, c’est valable aussi pour Nespresso ».

Welcome back !

Lisa de la Finance m’a demandé de faire la différence : « Je ne veux pas t’embêter le jour de ton arrivée mais j’ai besoin d’une analyse de nos ventes et d’une recommandation d’établissement de boutique Nespresso dans la région de Bergen », me transférant par la même un fichier Excel d’une vingtaine d’onglets. Bergen est la ville en Norvège où il pleut le plus au monde : 239 jours par an. La consommation de café y est par conséquent une des plus élevées et je comprends que Lisa m’invite à une réunion « asap » sur le sujet.

« Laisse-moi quand même le temps de boire un café ».

Avant de me lancer, j’essaie de retrouver mes repères. La folie des emails à trier, les réunions qui vont s’enchaîner, les « passations » qui s’organisent. Le rythme est soutenu, comme d’habitude, j’avais oublié cette fatigue de la concentration en continue, elle est très différente de celle du congé.

Je n’ai pas trop le temps de penser à ma fille. Mais sa nounou m’envoie régulièrement des messages. Elle interagit beaucoup plus avec moi qu’avec ma femme, j’ai géré la période de transition de la garde de ma fille. Je ne dois pas simplement répondre aux questions de Lisa sur Bergen, mais aussi celles de ma nounou sur ma fille :

Lisa : « Pourrais-tu projeter la cannibalisation sur nos ventes Internet de l’ouverture de notre boutique ? »

Moi : « Oui sur quelle période ? »

La Nounou (par sms) : Je peux lui donner son smoothie en même temps que le pain ou d’abord le pain après le smoothie ?.

Lisa : « Je pense qu’il faut faire un scénario jusqu’à 2020. »

Moi (à la nounou) : « comme tu le sens »

Moi (à Lisa) : « comme tu le sens »

Lisa : « Tu as besoin de combien de temps pour l’analyse ? »

La Nounou (par sms) : « OK. Elle n’a pas beaucoup dormi ce matin. Combien d’heures durent sa sieste d’habitude ? ».

Moi à Lisa : « 2 semaines »

Moi à la nounou : « 2 heures »

Lisa : « 2 semaines c’est un peu long, on en avait besoin la semaine dernière. »

Moi à Lisa : « 2 heures alors ? »

Lisa : « Super Tristan, ca va le faire. Dernière question : tu peux projeter les ventes des concurrents. Tu penses inclure quelle marque dans ton analyse ? »

La nounou : Dernière question, il n’y a plus de couches, c’est taille 4 ou 5 qu’il faut acheter ? 

Moi (à Lisa) : « Ca dépend. Pampers ‘est taille 4 et Libero c’est taille 5. »

Lisa : « Quoi ? »

Moi : « Désolé! J’apprends à gérer le concept de la charge mentale », avant de peut-être plonger dans un paternity blues.


 

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