Une finale de rêve!

finale essai

C’est la fooooooooooliiiiiiiieeeeeee ! Les supporters hurlent dans les tribunes! A quelques secondes de la fin du match, le tableau d’affichage indique 1-1. On se dirige tout droit vers la séance de penalty lors de cette finale historique de football en salle. Plus de douze équipes ont participé à cette première édition de la Paternity League à Oslo. Le FC Barbapapa et les Fathers United, après avoir dominé le championnat, se disputent logiquement le titre dans un match au suspense insoutenable.

La saison fut longue mais chaque équipe a tenté de respecter les 5 règles du championnat.

  1. Pour participer il faut être un père en congé paternité.
  2. Chaque match dure 40 minutes. Les équipes sont composées de huit pères qui doivent se rendre au match avec leurs bébés.
  3. Alors que cinq joueurs évoluent sur le terrain, les trois autres s’occupent des enfants dans la salle de jeu et d’éveil qui leur est réservée. Ce système permet d’alterner le rôle de joueur avec celui de baby-sitter. Il y a également un espace poussette pour les bébés qui dorment. Babyphone obligatoire.
  4. En cas de pleurs répétés, le papa donne automatiquement priorité à son bébé et doit laisser sa place sur le terrain.
  5. A l’issu de la saison, les quatre meilleures équipes du championnat se rencontrent pour les demi-finales. Chaque joueur de l’équipe gagnante reçoit une poussette de la marque sponsorisant le tournoi.

Je suis bien entendu le capitaine du FC Barbapapa. On se fait dominer de la tête et des épaules, mais le score est de parité. : « Go ! Go ! Go ! ». Toute l’équipe est motivée et soudée. Je crie : « Allez Magnus, Allez Mikkel !». Alors que la balle sort en touche, nous chantons notre crie de guerre

« Barbe à ?….  Papa ! » – « Barbe à ?….  Papa ! »

Pour arriver en finale, il était très important d’avoir huit joueurs fiables dans l’équipe, sous peine de se retrouver en infériorité numérique sur le terrain. C’est ce qui est arrivé à l’Olympique du Paternel pendant toute la saison, l’empêchant de se qualifier pour les demi-finales. Malgré quelques joueurs de talents, ils se sont logiquement inclinés face aux Fathers United.

L’En Avant Maman, composée de mères en congés maternités, a obtenu une dérogation pour participer. Après un bon départ, elle n’a pas tenu sur la distance. Sans pitié, le club huppé du Daddy Saint Germain leur a barré leur route ! Il n’a cependant pu rien faire en demi-finale contre le FC Barbapapa et notre jeu de passe et de possession.

« La force du mental les gars ». On lâche rien ! Il reste une action, on donne tout !

Notre gardien récupère la balle qu’il dépose dans les pieds de Magnus, notre défenseur. Dans un style peu académique, il tente une transversale en ma direction. Pour une fois, je réussis mon contrôle. Deux joueurs des United viennent me presser. C’est le moment que choisit Mikkel pour se démarquer, se retrouvant seul à l’entrée de la surface de réparation. Je tire dans la balle. Un pointu ! La balle rebondit respectivement sur le tibia puis la cuisse des deux joueurs adverses, avant de retomber miraculeusement sur le pied gauche de Mikkel.

Petit crochet intérieur pour placer la balle sur son bon pied, léger coup de regard vers le but, et il enroule une frappe qui semble bien être cadrée. Pas de chance pour les United, le gardien se fait déranger par les vibrations du babyphone dans sa poche. Il regarde impuissant la balle se loger dans sa lucarne.

BBBBUUUUUUTTTTTTTTTTTTTT BBBUUUTTTTTTT BUUUUTTTTTTT

Incroyable, improbable, extraooooordinnnaaiirreee !!

WOOOOAAAAAHHHH!!!!!

L’arbitre siffle la fin, c’est la joie sur le terrain !!!! Tous les joueurs se félicitent, on saute, on rit, on crie !! Le FC Barbapapa est en pleine communion avec son public. Les papas courent chercher leurs enfants pour la remise des trophées.

Les bruits semblent déranger les bébés qui se mettent à pleurer. Les pères n’arrivent pas à les calmer.

Des pleurs,

Encore des pleurs.

Rien que des pleurs!

Mais que se passe-t-il ?

Les pleurs continuent.

J’ouvre les yeux.

Je tourne ma tête vers la droite.

Mon téléphone portable affiche 3 heures du matin.

C’est ma fille qui se réveille.

C’est ma fille qui me réveille.

Encore une fois.

Elle ne fait toujours pas ses nuits.

Je réalise que l’Oslo Paternity league n’existe pas.

Pas encore.

Ce n’était donc pas une finale de rêve.

Juste le rêve d’une finale.

 


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